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L’armée birmane sanctionnée par les Etats-Unis pour ses actions contre les Rohingyas

Des sanctions viennent d’être prises par Washington à l’encontre des premiers responsables de l’armée birmane. Somme toute symboliques, ces mesures seraient une manière pour l’administration Trump de prouver à ces chefs militaires que la communauté internationale n’a pas baissé la garde dans la pression qu’elle entend exercer dans le traitement du délicat dossier des Rohingyas.

Des sanctions symboliques et dirigées contre la hiérarchie militaire birmane

Dans un communiqué publié ce mardi 16 juillet, le département d’Etat américain a annoncé la prise de sanctions par Washington à l’égard des hauts responsables de l’armée birmane accusée d’être à l’origine d’exactions sur la minorité musulmane des Rohingyas. Min Aung Hlaing, le commandant en chef de l’armée birmane et son adjoint Soe Win ainsi que deux généraux sont concernés par ces mesures américaines. Chercheuse à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques, Alice Baillat, ces sanctions qu’elle juge peu sévères ne sont en réalité qu’une interdiction pour ces chefs militaires et leur famille de se rendre sur le territoire des Etats-Unis. Ciblant uniquement des représentants de l’armée et non des responsables civils, elles sont légères dans un cas où il est question de « crimes contre l’humanité ». Bien que symboliques, les sanctions de Washington ne demeurent pas moins un geste fort aux dires de la coordonnatrice d’Info-Birmanie Sophie Brondel. Dans son analyse de ces nouvelles dispositions prises par les autorités américaines à l’encontre de la hiérarchie militaire birmane, Alice Baillat ne manque pas de relever des objectifs cachés. Pour elle, si l’administration Trump ne fait pas preuve de plus de fermeté, c’est assurément par crainte que les autorités de la Birmanie se rapprochent plus de la Chine avec qui elles ont déjà d’excellentes relations.

Quand Washington cherche à soigner son image à travers ces mesures

Pour de nombreux analystes politiques tels que le chercheur honoraire au Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po David Camroux, il est évident que les Etats-Unis sont à la recherche d’une meilleure image auprès des musulmans. En observant le timing de ces sanctions, on peut dire que les Américains souhaitent avant tout prouver qu’ils sont sensibles aux musulmans en dépit de relations compliquées avec des pays du monde islamique comme l’Iran. Quelles que soient les raisons qui sous-tendent cette sortie des Etats-Unis, c’est un exemple que devraient suivre d’autres acteurs de la communauté internationale dont l’Union Européenne selon certains observateurs.

Sources : https://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/Sanctions-americaines-contre-larmee-birmane-nettoyage-ethnique-2019-07-17-1201036014