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le traitement médiatique suisse de la crise des Rohingyas

Situation de crise en Birmanie : quel point de vue des médias Suisses sur l’avenir des Rohingyas ?

Depuis quelques années que la crise des Rohingyas perdure, le monde a largement eu le temps de se familiariser avec le conflit qui sévit dans l’Etat d’Arakan. Conflit qui pourtant, puise ses racines dans un conflit ethnique historique depuis l’indépendance de la Birmanie en 1962.

A ce titre, il est intéressant de se pencher sur la manière dont les médias occidentaux traitent de cette affaire. A commencer par la presse Suisse qui met en avant les demandes de « clarification » du gouvernement, en lien avec une éventuelle violation des droits humains dans cette région du monde.

Retour sur les origines du conflit

On ne saurait évoquer les origines complexes de ce conflit sans évoquer l’indépendance de la Birmanie qui, en 1962, semble avoir décidé du sort des Rohingyas – cette peuplade de langue indo-européenne et de religion musulmane aux origines historiques controversées, établie depuis plusieurs centaines d’années dans le nord de l’Etat d’Arakan.

Persécutés depuis le début des années 60, les Rohingyas sont ainsi considérés comme des « immigrés illégaux », puis déclarés comme des réfugiés apatrides depuis une loi formulée en 1982.

La commission européenne évoque une forme de « ségrégation communautaire institutionnalisée ». Face à ces persécutions, des mouvements armés s’organisent et on dénombre actuellement près de 150 000 individus en état d’urgence absolue, dépendant fortement d’une aide alimentaire extérieure.

Le point sur la crise depuis 2016

On relevait déjà des violences intercommunautaires en 2012 dans l’Etat d’Arakan. Au total : plus de 200 morts, principalement des victimes de confession musulmane, et 240 000 personnes en fuite.

En octobre 2016, une série d’attaques visant des postes-frontières à proximité du Bangladesh eut pour conséquence de vastes représailles de la part de l’armée – et la suspension des activités humanitaires.

Plus de 74 000 personnes avaient alors trouvé refuge au Bangladesh, en Malaisie ou en Indonésie.

Face à cette situation, la communauté internationale semble vouloir parler d’une même voix, en dénonçant les « exactions commises contre la minorité des Rohingyas » depuis au moins la période du mois de novembre 2013.

Le parlement européen s’interroge sur l’inaction de la dirigeante Aung San Suu Kyi, tandis que la Suisse réclame de son côté une clarification sur la situation humanitaire des populations locales.

Une presse Suisse à l’unisson sur le traitement des Rohingyas

Face à une potentielle « violation des droits humains les plus élémentaires », la machine diplomatique Suisse se met en marche en la personne de Pascale Baeriswyl. La secrétaire d’Etat du Département fédéral des affaires étrangères déclarait vouloir en 2017 que « les faits soient établis » dans la crise qui sévit en Birmanie.

C’est à l’occasion d’un forum interrégional pour les échanges multilatéraux que la diplomate rencontre Aung San Suu Kyi, une réunion qualifiée de « profitable » tant pour l’avenir du Bangladesh que de la Birmanie.

Malgré les pressions exercées par la communauté internationale sur Aung San Suu Kyi, certains analystes estiment toutefois que la dirigeante Birmane est contrainte par une population majoritairement bouddhiste, et par une armée disposant d’une influence politique puissante, dans un pays longtemps resté à l’état de dictature militaire.

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